Algérie 1955-1957

14 octobre 2005

Pr�ambule

Un demi-si�cle s'est �coul� depuis que j'ai �t� contraint d'aller faire du tourisme forc�. . . en France ! Eh ! oui�! en 1955, l'Alg�rie c'est la France et la France est un grand pays que la M�diterran�e traverse comme la Seine traverse Paris. Je ne sais plus quel est l'imb�cile qui a os� prof�rer cette comparaison stupide. Je sais seulement que les adeptes de cette ineptie m'ont envoy� d�fendre "mon grand pays" contre des m�chants qui voulaient proc�der � l'amputation de sa moiti� m�ridionale et faire de la M�diterran�e une v�ritable fronti�re. Et j'y suis rest� pr�s de deux ans, en Alg�rie !

� mon retour, j'ai vite renonc� � raconter mon exp�rience m�me � mes proches. N�anmoins, j'ai essay� de coucher par �crit un t�moignage en esp�rant qu'il serait lu un jour, comme ces messages qu'on place dans une bouteille et qu'on jette � la mer. Cent fois, j'ai noirci des pages et des pages mais, dans la forme, rien ne me convenait. Par bonheur, je ne les ai pas d�chir�es, ces pages ; bien des ann�es apr�s, je les ai retrouv�es en faisant du vide dans ma cave. J'y ai �galement retrouv� toutes les lettres re�ues pendant mon service militaire et surtout deux cahiers d'�coliers sur lesquels j'avais pris des notes au d�but de mon aventure alg�rienne, un v�ritable journal de mes premiers mois.

� l'aide de ces documents, je me suis mis au travail pour raconter � mes petits-enfants ce que je n'avais jamais dit � leur m�re. j'ai adopt� la formule du journal. C'est toutefois le journal de quelqu'un qui conna�trait l'avenir, c'est pourquoi j'utilise parfois le futur pour �voquer des faits post�rieurs au r�cit. En fait, le d�but est presque un v�ritable journal puisque j'ai repris l'essentiel du contenu de mes deux cahiers, en le restructurant, en �liminant les d�tails trop personnels et en am�liorant le style. Toutefois, mon journal r�el ne couvre pas la totalit� de mon s�jour. Pour la fin, j'ai fait appel � mes souvenirs, encore tr�s frais cinquante ans apr�s, aux lettres re�ues, aux nombreuses notes �crites � mon retour, aux t�moignages d'amis, � la lecture des journaux de l'�poque.

En r�digeant mon r�cit, j'ai essay� de me remettre dans l'�tat d'esprit qui �tait le mien au cours des ann�es 1955-57. J'�tais alors un jeune Catholique pratiquant mais engag� � gauche, un Chr�tien progressiste comme on disait alors, donc toujours en porte-�-faux entre une �glise tr�s r�actionnaire (on est encore sous le pontificat r�trograde de Pie XII) et des id�es personnelles tr�s "avanc�es" et tr�s anticolonialistes. Mise � part ma prise de distance avec la religion catholique, je n'ai pas fondamentalement chang�. Toutefois l'�ge m'a rendu plus mod�r�, plus pond�r�, plus r�fl�chi, plus humaniste aussi et, si j'avais r�dig� ce pseudo journal en conformit� avec mon �tat d'esprit actuel, compte tenu de ce que j'ai pu apprendre plus tard, j'aurais nuanc� certains propos. J'aurais �t�, par exemple, beaucoup moins dur avec les Pieds-noirs. Ceux que j'ai connus pendant mon s�jour �taient pour la plupart assez d�testables mais, depuis 1962, j'ai appris � les conna�tre. Certains sont devenus des amis et je sais que, dans leur majorit�, ils n'�taient pas des salauds�: comme les Alg�riens de souche, comme les soldats du contingent, ils ont �t� les victimes d'un drame qui les d�passait.
Dans ce r�cit, j'ai remplac� les noms de la plupart des personnes cit�es par des initiales ou des pseudonymes. Je n'ai conserv� que les noms des amis qui m'en ont express�ment donn� l'autorisation et de ceux qui, j'en suis s�r, me l'auraient accord�e si j'avais pu la leur demander.

J'ai soumis ce texte � plusieurs �diteurs qui l'ont refus� : la guerre d'Alg�rie ce n'est pas "porteur". Aussi ai-je d�cid� de "l'envoyer sur le web", mais pas en totalit�, juste quelques extraits.

Si des personnes sont int�ress�es par la totalit� du texte, elles peuvent prendre contact avec moi.

Posté par Sorpifees à 22:48 - Commentaires [1] - Permalien [#]